Redonner vie à Maubeuge d’avant 1940

Le cœur du projet Maubeuge Mémoire vivante est de redonner corps à la ville telle qu’elle existait avant 1940, avant sa destruction quasi totale lors des bombardements de mai 1940.
En quelques jours, une ville façonnée par près de 1 300 ans d’histoire — du Moyen Âge aux périodes moderne et industrielle — disparaît brutalement, effaçant des quartiers entiers, des architectures, des ambiances et des modes de vie.

Ce projet naît de ce constat : une grande partie de cette ville a disparu des paysages, mais aussi des représentations collectives.


Reconstituer les époques, faire réapparaître les vies

À partir des archives disponibles, Maubeuge Mémoire vivante propose des reconstitutions visuelles à travers les époques, permettant de traverser les grandes strates historiques de la ville :

  • la ville médiévale

  • la ville fortifiée

  • la ville industrielle

  • la ville d’avant-guerre

Ces reconstitutions ne se limitent pas aux bâtiments. Elles intègrent également des personnages, des silhouettes, des scènes de vie, afin de réinscrire l’humain au cœur de l’histoire urbaine.
L’objectif n’est pas seulement de montrer des formes architecturales, mais de faire ressentir une ville habitée, vivante, traversée par des usages, des regards et des présences.


Une mémoire effacée, une mémoire à reconstruire

La destruction de Maubeuge en 1940 marque une rupture radicale :
la ville reconstruite après-guerre ne repose plus sur les formes anciennes, et une grande partie de la mémoire visuelle de la ville disparaît avec elles.

Maubeuge Mémoire vivante s’inscrit dans cette fracture historique.
Il ne s’agit ni de nostalgie, ni de reconstitution figée, mais d’un travail de reconstruction sensible de la mémoire, permettant de reconnecter la ville actuelle à ce qu’elle a été.


Une démarche entre rigueur et interprétation

Lorsque les sources sont nombreuses, la reconstitution s’appuie sur une lecture rigoureuse des archives.
Lorsque les documents manquent ou sont incomplets, le projet assume une interprétation artistique argumentée, clairement identifiable, qui permet de combler les silences de l’histoire sans les travestir.

Cette tension entre ce qui est connu et ce qui doit être interprété fait partie intégrante du projet. Elle reflète la réalité même de la mémoire : fragmentaire, incomplète, mais profondément vivante.


Pourquoi “mémoire vivante”

Parce que l’histoire de Maubeuge ne s’arrête pas en 1940.
Parce que les images produites dialoguent avec la ville actuelle, ses habitants et leurs pratiques.
Parce que chaque reconstitution devient un support de discussion, de transmission et de réappropriation collective.

Maubeuge Mémoire vivante ne cherche pas à reconstruire la ville telle qu’elle était, mais à rendre perceptible ce qui a disparu, pour mieux comprendre ce qui existe aujourd’hui.